

Le Palais de Justice est un monument orthogonal d’une hauteur raisonnable entourant un cloître fermé, un bâtiment fonctionnel et majestueux organisé autour d’un jardin géométrique comme il en existe de nombreux exemples à Paris, Palais Royal, hôpital Saint-Louis ou très grande Bibliothèque Nationale de France entre autres. Mais cet archétype est actualisé pour le troisième millénaire, en cela que son jardin est abrité par une immense verrière plane bien ajustée sur les lignes de l’acrotère.
Cet objet architectural de grande ampleur est servi par un parvis de même dimension, disposition aperçue dans de nombreux ensembles monumentaux de la capitale : esplanade et Hôtel des Invalides, place et Hôtel de Ville, ou parvis Beaubourg et centre Pompidou par exemple. Ce parvis est un espace minéral plan ajusté sur le nivellement de l’Avenue de France, il couvre légèrement et sans prouesse technique excessive les voies ferrées. Ainsi les espaces publics du quartier sont enchaînés depuis les berges de la Seine : emmarchement et plateforme de la TGB, césure de l’Avenue de France, parvis du nouveau TGI et re-descente en pente douce vers le quartier du Chevaleret.
Dans ce schéma urbain, les tissus périphériques sont complétés par des îlots bâtis ressemblant aux existants. La sombre et calme «plaque» du Palais fait contraste avec les découpes de ces îlots et joue avec les équerres blanches de la Grande Bibliothèque. Le parvis impose sa surface silencieuse dans le vacarme de l’aménagement urbain. Sa bordure sud est séparée du bâtiment proprement dit par une douve formant cour anglaise, reprenant en cela le dispositif qui jouxte la colonnade est du Louvre, par exemple. Quant au long et trop mince bâtiment de bureaux du Ministère des Finances de la rue Louise Weiss, nous proposons de tout simplement l’annexer au TGI pour former une «barre» bien plus fonctionnelle de 19 mètres d’épaisseur. Ses fonctions seront transférées dans l’îlot bordant à l’ouest le nouveau Tribunal, qui sera entièrement réservé aux constructions du Ministère.
Et la halle Freyssinet ? C’est une tromperie de faire croire qu’elle peut être réutilisée en tant qu’Etablissement Recevant du Public. En conséquence, seul un échantillon de quatre travées, soit une unité structurelle, sera conservé et mis sous verre dans le patio, pour être utilisé comme salle de colloque. Par cette action la République (et la Ville) manifestera sa confiance dans les valeurs d’avenir tout en négligeant pas pour autant les vestiges du passé.
CREDITS
Christian Hauvette, architecte
Architecte associé : Pierre Champenois, architecte
Designer associé : Frédéric Terreaux